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Vous le
savez sans doute, la couleur des vins rouges provient
essentiellement de la peau du raisin. Même lorsqu'on a
affaire à un cépage rouge, la pulpe est le plus
souvent blanche.
Un moût ne devient
donc rouge que lors de la fermentation qui se déroule en présence
de la peau colorée des baies. On pourrait fort bien obtenir
un vin blanc en séparant tout de suite le jus (blanc) de la
"matière sèche" (l'enveloppe du grain). Et
il en va ainsi pour de nombreux champagnes qui sont obtenus à
partir d'un raisin à peau sombre mais à pulpe
blanche: le pinot ...noir! On regroupe d'ailleurs ces champagnes
sous la désignation "blancs de noirs".
Mais retrouvons notre
clairet et sa teinte à mi-chemin entre le rouge et le
blanc. Son élaboration débute comme celle d'un vin
rouge: la cuve est chargée de raisins foulés et égrappés.
La similitude ne va pas plus loin car, par la suite, le vigneron
va freiner le démarrage de la fermentation et laisser le moût
macérer pendant douze à vingt quatre heures
seulement. Cest pendant cette courte macération que
le clairet (appelé pour cela vin d'une nuit) prend sa
couleur définitive. Le contenu de la cuve est alors séparé
en deux. Dix à quinze pour cent du jus (sans les peaux ni
les pépins) est transvasé dans une nouvelle cuve. Ce
procédé porte le nom de saignée. Le moût
restant dans la première cuve continue à être
vinifié de manière à obtenir un vin rouge.
Dans la deuxième
cuve, nous découvrons un vin qui possède, outre la
fraîcheur et la vivacité dun rosé " classiques ",
une meilleure structure en bouche. I1 s'agit du clairet alliant la
fraîcheur au bouquet, la finesse au fruité, et le
moelleux au bon goût... |